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Perles




Fiche Gemmologique



Naissance d'une Perle

Mythologie.
D'après la mythologie perse, les perles sont les larmes des Dieux. La Chine ancienne n'alla guère plus loin dans la poésie : pour elle, cest le clair de lune qui a le pouvoir de faire croître les perles. Les grecs pensaient que les perles naissent de la rosée que la lune dépose dans la chair offerte des huîtres flottant la nuit, grandes ouvertes, à la surface des eaux. Les Romains, pour ne pas être en reste, attribuèrent les perles à Vénus, épiçant leur théorie de mythes orientaux qui incluent une imprégnation par la semence divine, sous forme de rosée céleste.
Perles de Tahiti.


Perles de culture.









"Tifone" perle de culture diamants

Ferme Perlière, Japon
L'invention

Il y a tout juste cent ans, Tokichi Nishikawa, biologiste de la marine impériale japonaise, Tatsuhei Mise, charpentier et Kokichi Mikimoto, fils du propriétaire d'un magasin de nouilles, eurent sans se connaître et presque en même temps la même idée. Chacun de son côté, ils établirent les fondations de la perliculture moderne. Auparavant, un certain nombre d'essais, parfois couronnés de succès, avaient été tentés dans quelques pays : la Chine, la Suède, la Finlande, Ceylan, les Etats-Unis, l'Australie et Tahiti. Ces premiers efforts se limitaient toutefois à la culture des demi-perles. Rien n'indique qu'on y ait dépassé la méthode empirique, ni atteint un volume de commercialisation satisfaisant. C'est incontestablement aux Japonais que revient le mérite du succès dans ces deux domaines.

Culture
La culture commence par la sélection d'huîtres mères saines parvenues à maturité. On les retire avec précaution de leur milieu naturel avant de les ouvrir doucement, des coins de bois les maintenant délicatement dans cette posture. On introduit ensuite un noyau de nacre et un petit morceau de manteau, prélevé dans la gonade d'une huître de la même espèce. Aussi simple que cela paraisse, il s'agit néanmoins d'une opération délicate, qui exige autant de soins et de doigté qu'une opération chirurgicale. Les huîtres sont ensuite replacées au sein de leur milieu naturel. En conditions optimales, il suffit de quelques semaines pour que le tissu greffé forme un sac, le fameux sac perlier isolant le noyau des organes de l'huître, et que commence, peut-être, la gestation d'une perle. Un pourcentage notable d'huîtres rejette invariablement l'implant. De plus, sur 100 perles des Mers du Sud récoltées, seul un petit nombre sera parfaitement rond ; les autres se présenteront dans une grande variété de formes. Il y a de nombreuses raisons à cela. On peut dire que la dextérité du technicien de la greffe se reflète directement dans la qualité et la quantité des perles récoltées. Dans le cas des perles des Mers du Sud, la période d'élevage dure en principe de deux à trois ans. Pendant ce temps, on protège l'huître et on la nettoie régulièrement. Le milieu naturel dans lequel elle se trouve lui fournit de quoi s'alimenter. On ne greffe qu'un noyau dans chaque huître mère. Mais quand ces huîtres sont saines, on ne les élimine pas après la récolte : profitant du sac perlier d'où l'on vient juste d'extraire la perle, on insère un nouveau noyau de nacre de même taille. Et on les remet à l'eau, dans l'espoir de trouver des perles encore plus belles quand on les ouvrira de nouveau, quelques années plus tard. Selon l'âge et la santé de l'huître, on peut répéter le processus une troisième fois, mais le cas est exceptionnel.



Perles d'eau douce.
Du fait de la variété presque illimitée de leur forme, de leur couleur, de leur taille, de leur abondance et de leurs prix très intéressants, les perles d'eau douce jouissent d'une grande popularité. Leur taille varie en général de 2 à 8 mm, la moyenne se situant entre 4 et 5 mm. Certaines atteignent, mais c'est exceptionnel, 10 mm. Leur lustre, ou leur absence de lustre, ne connaît pas non plus de limites. On en trouve de ternes et laiteuses, d'autres qui ont un poli soyeux, d'autres encore qui sont très brillantes. On en fait souvent des colliers ou des bracelets de plusieurs rangs. Longs ou courts, ils sont parfois torsadés, piqués de pierres semi-précieuses, de perles de verre ou de métal, ou d'autres perles de culture. Il s'agit en quelque sorte de perle "hors normes", à la portée de bien des budgets.
À la différence des perles cultivées en eau de mer, exception faite des Késhi, la plupart des perles d'eau douce actuelles ne possède pas de noyau. La matière perlière représente 95 à 98% de la perle. Celles qui ont un noyau sont en général plus grosses et dépassent 8 mm.

Culture en eau douce
On ouvre délicatement le mollusque à implanter avant de pratiquer une série de petites fentes dans son manteau ; on greffe ensuite dans chaque fente, avec précautions, un minuscule fragment du manteau d'une moule donneuse. Suivant l'âge, la taille de la mulette et celle des perles que le cultivateur veut obtenir, un seul mollusque peut recevoir de 20 à 60 greffons, soit 10 à 30 sur chaque valve. Peu après, le sac perlier commence à se former autour de l'élément étranger qui se dissout en peu de temps ; la perle commence alors sa croissance. La patience est dès lors un facteur décisif. Plus le fermier attend, plus la perle sera grosse. Un an et demi plus tard, celle-ci mesure à peu près 3 mm. Après trois ans, environ 30% des perles ont une taille inférieure ou égale à 7 mm. Si le fermier attend un an de plus, environ 80% de sa récolte de quatre années de culture comprendra des perles de 7 mm ou davantage. On peut ensuite replacer les mulettes dans leur milieu naturel et les récolter de nouveau quelques années plus tard. Aucune greffe n'est nécessaire : les sacs perliers toujours en place vont simplement continuer à produire, bien que la seconde période de culture donne en principe moins de perles. De forme un peu aplatie, ces dernières ont pourtant davantage de lustre et des couleurs plus intenses. Quand on remet à l'eau une troisième fois le petit nombre de mulettes qui le supportent, la croissance des perles ralentit et leur qualité décroît.

Couleurs
La gamme des couleurs, extrêmement large, comprend les tons blanc, champagne, crème, rose orangé, pourpre, lilas, mauve, bleu foncé et brun.

Formes
Les perles d'eau douce présentent une variété infinie de formes. Les plus fréquentes sont : ovale, oeuf, bouton, poire et pomme de terre. Une parfaire rondeur est très rare, surtout parmi les prles de grande taille.

Valeur
Le prix des perles d'eau douce est bien entendu soumis à la vieille loi de l'offre et de la demande. Malgré une qualité souvent élevée, malgré la séduction de leurs couleurs, de leurs formes et de leurs tailles, leurs prix restent modérés. La raison en est évidente : les volumes produits en Chine sont tout simplement trop importants pour le marché. Le fait ne manque pas d'ironie : étant entièrement composées de nacre, ce sont elles qui, de toutes les perles de culture, ressemblent le plus, par leur aspect, leur structure et leur chimie interne, aux perles fines les plus coûteuses. Elles sont pourtant sensiblement moins chères.



Les perles Mabé.
On les appelle dans le commerce perles Mabé, mais ce sont en réalité des perles de culture composites. Pour les obtenir, on soulève délicatement le manteau du mollusque avant de coller un noyau hémisphérique directement sur sa coquille. Le manteau sécrète la matière perlière, qui recouvre peu à peu ce noyau, créant un dôme de nacre. On peut utiliser pour cette opération à peu près tous les mollusques bivalves ou univalves, qu'ils soient de mer ou d'eau douce. Les Chinois ont inventé la méthode il y a 900 ans. Ils produisaient des ornements de nacre à partir de noyaux sculptés dans l'os, du bois ou même du métal.

La perle fine.
Celles qui se forment à la suite d'un accident naturel, d'un corps étranger qui s'est introduit dans l'huître.
À l'heure actuelle, les marchands de perles fines sont une espèce en voie de disparition. On en dénombre moins d'une douzaine, concentrés à Paris, à Londres et en Suisse.

Lexique

Akoya
Nom japonais d'un mollusque bivalve utilisé pour la culture des perles en eau de mer. Il appartient à la famille des Pteridae, genre Pinctada, espèce fucata, sous-espèce martensii, d'où son nom scientifique de Pinctada fucuta martensii. Le nom Akoya s'est généralisé et s'applique également aux perles qu'il produit. (D'après l'ouvrage du docteur Shohei Shirai publié en 1994 : Perles et huîtres perlières du monde, il serait plus correct de la définir comme Pinctada imbricata, genre qui inclut les espèces fucata, vulgaris, radiata et la sous-espèce martensii. On la trouve non seulement au Japon, en Corée et en Chine, mais pratiquement partout en Asie du Sud-Est, dans la région indo-pacifique, en Mer Rouge, dans le golfe Persique, en Méditerranée, autour de l'Afrique du Sud et aux Caraïbes).

Baroque
Perle de forme irrégulière due aux caprices de la nature. Il en existe plusieurs sortes : on appelle semi-baroques celles qui sont assimilables, en dépit de leurs irrégularités, aux perles rondes, poires et boutons. On appelle simplement baroques celles dont la forme est plus irrégulière. Enfin, les perles extrêmement déformées portent le nom de très baroques ou "Fish Tail" (queue de poisson). Dans les perles de culture baroques, l'espace situé entre le noyau rond et la saillie de la couche perlière est, dans certains cas, creux.

Bivalve
Animal invertébré au corps mou. Certaines familles de cette branche du règne animal vivent dans une coquille. Les espèces aquatiques se trouvent en eau douce ou en eau salée. Quand les coquillages ont deux valves réunies par une charnière, comme les huîtres, ce sont des bivalves.

Bouton
Terme générique pour désigner les perles fines ou cultivées de forme semi-ronde, relativement plates, en forme de bouton.

Choker
Rang de perles "ras du cou", d'une longueur de 30 à 35 cm (14 à 16 inches). Les perles qui le composent, généralement en nombre pair, sont dites "uniformes", leur différence de diamètre n'excédant pas 0,5 mm pour les Akoya, 1 mm pour les Mers du Sud.

Culture
Ensemble des procédés par lesquels on produit des perles cultivées à partir d'huîtres ou de mulettes et qui comprennent la greffe, les soins et la récolte.

Grain
Ancienne mesure de poids, utilisée pour les perles fines. 1 grain = 0,053 gramme ou 1/4 de carat. Il y a 75 grains dans un momme.

Késhi
Du mot japonais signifiant "pavot". Perles sans noyau, de faible diamètre, qui se forment naturellement dans les huîtres ou mulettes mères. Les plus petites ont la taille d'une tête d'épingle, soit moins de 3 mm de diamètre. On les appelle perles "pavots" ou "semences". Késhi est un nom commercial générique.

Lustre
Propriété de la nacre et des perles, résultant de la réflexion de la lumière sur leur surface. Le lustre des perles consiste en leur brillant.

Mabé
Perle de culture composite, de forme hémisphérique, qu'on appelle aussi "demi-perle". Cultivée à l'origine dans la Pteria penguin - Mabé en japonais - , on la produit maintenant dans diverses huîtres du genre Pinctada. Mabé est un nom commercial générique.

Nacre
Substance lisse et irisée tapissant intérieurement la coquille de certains mollusques, composée de microscopiques cristaux d'aragonite (carbonate de calcium) liés par un ciment organique, la conchyoline. On l'utilise pour fabriquer des objets décoratifs et des boutons. C'est également la substance que les coquillages déposent, couche après couche, autour d'un élément étranger irritant ,formant ainsi une perle.

Orient
Propriété de certaines perles, résultant de la décomposition de la lumière dans les couches internes de la matière perlière, qui leur confère un rayonnement particulier et en efface les contours. Ne pas confondre avec le lustre, qui est une qualité de leur surface.



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